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Le principe

Pour éviter la propagation du COVID-19 début 2020, de nombreux pays ont mis en place des mesures de confinement strictes pendant plusieurs semaines. En Autriche, le confinement du début du printemps a entraîné une baisse significative des activités humaines de plein air, notamment du trafic routier. Dans le cadre du « Project Roadkill », un projet de science participative visant à collecter des données sur les animaux tués sur la route, une diminution significative des signalements a été enregistrée.

En questionnant les contributeurs sur la manière dont le confinement a affecté leurs trajets, des scientifiques ont cherché à savoir si la diminution des signalements était due à une réduction du nombre d’animaux tués par le trafic routier ou au fait que les citoyens restaient davantage chez eux et avaient de fait moins d’occasions d’observer des cas de mortalité routière.

 

Les enseignements

77 personnes ont participé au sondage. A titre de comparaison, le programme comptait 179 contributeurs actifs en Autriche 12 mois avant cette enquête. Le confinement a affecté la longueur des trajets chez 55% des sondés, la fréquence des déplacements chez 69% des participants, l’itinéraire et le type de routes empruntés chez respectivement 25% et 23% des sondés, le mode de transport utilisé chez 32% des participants. Pour répondre à la question de recherche posée, les auteurs ont donc comparé statistiquement les réponses des personnes ayant connu des changements dans leurs habitudes à celles des personnes n’ayant pas subi de modifications : il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes. Parmi les personnes n’ayant pas changé leurs habitudes, 60% déclarent avoir signalé moins de cas de mortalité routière et 40% autant.

Les analyses statistiques ont aussi montré que la réduction de la longueur et la baisse de la fréquence des trajets ont eu une influence significative sur le nombre de signalements, contrairement aux trois autres facteurs (itinéraire, type de route, mode transport). Parmi les personnes ayant réduit leur trajet, 81% déclarent avoir signalé moins de collisions routières et 19% autant.

Le nombre de véhicules sur les routes autrichiennes ayant drastiquement chuté pendant le confinement (-45% en mars et -54% en avril), les auteurs en concluent que les signalements ont avant tout chuté en raison de la diminution du nombre d’animaux tués par le trafic routier. C’est toute la dualité de ce type de programmes : moins de personnes sur les routes c’est à la fois moins de données et moins de cas de mortalité.

Cette étude montre l’importance de prendre en compte les changements potentiels dans les comportements des participants pour éviter tout biais dans l’analyse des données.

 

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La diffusion des actualités du Réseau des naturalistes costarmoricains est soutenue par la Région Bretagne et le dispositif du Service Civique (Ministère de l’Éducation Nationale).

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